20/06/2003

La météo de ce mois de juin...la température a flirté avec des records

"Un début de juin presque parfait

La température moyenne des 18 premiers jours de juin dépasse celle de juin 76. Mais il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion des données disponibles.

STÉPHANE DETAILLE

1- Des records météorologiques ont-ils été battus ? Avec une température journalière moyenne de 19,6o, ce mois de juin 2003 est bien parti pour battre le record de chaleur enregistré en juin 1976 où la température moyenne avait atteint les 19,2o. La température moyenne de ces 18 premiers jours de juin est en tout cas largement supérieure à celle d'un mois de juin « normal » (15,7o).

Ce mois de juin 2003 n'est pas seulement chaud, il est également très ensoleillé : au 15 juin dernier, l'Institut royal météorologique (IRM) avait déjà enregistré 138 heures 55 minutes d'ensoleillement - pas mal si l'on sait que l'ensoleillement moyen d'un mois de juin est de 202 heures, mais tout de même éloigné du record de juin 1976 durant lequel le soleil avait brillé pendant 306 heures.

Climatologue à l'IRM, M. De Corte estime qu'en tout état de cause il est encore trop tôt pour tirer quelque conclusion statistique que ce soit des données déjà disponibles. A ce stade, dit-il, on peut simplement constater que ce mois de juin 2003 est assez chaud et assez sec. Au 18 juin, les précipitations représentaient 25,4 litres par mètre carré quand la quantité moyenne pour un mois de juin (complet) est de 67,4 l.

2- Les conditions météorologiques ont-elles influencé les concentrations de pollens ?

Les concentrations polliniques relevées ces dernières semaines ont été élevées mais pas exceptionnelles : Les scores enregistrés depuis la fin du mois atteignent des valeurs observables tous les trois ou quatre ans, explique Nicole Nolard, responsable de la section « mycologie » de l'Institut scientifique de la santé publique. Du 26 mai au 8 juin dernier - soit la période durant laquelle les concentrations furent parmi les plus élevées -, nous avons recueilli un total de 1.075 grains de pollen par mètre cube d'air : pratiquement deux fois plus que l'an dernier (579) mais 50 % de moins que durant la même période de l'année 2000 qui, avec 1.563 grains, avait été vraiment exceptionnelle.

A vrai dire, les dernières semaines se sont moins singularisées par l'ampleur des pics journaliers - observé samedi 7 juin, le score le plus élevé (169 grains/m3) reste très en deçà des concentrations records - que par la stabilité inhabituelle d'une moyenne élevée : un phénomène imputable aux conditions météorologiques, la dispersion des grains n'ayant guère été contrariée par les averses qui, d'ordinaire, « rabattent » les pollens.

Pour rappel, les quinze premiers jours du mois de juin coïncident avec « la période la plus critique » dans le (long) cycle de pollinisation des graminées dont le pollen est particulièrement allergisant. Le tilleul est en pleine floraison et le châtaignier débute la sienne : le pollen de ces deux arbres est également allergisant mais ne provoque que « des allergies de voisinage », ses caractéristiques limitant sa dissémination à un périmètre restreint.

3- La qualité de l'air a-t-elle été altérée ? L'ozone, dont les trop fortes concentrations détériorent gravement la qualité de l'air, se crée à partir des gaz d'échappement des véhicules (les COV et les NOx) par réaction photochimique entre les polluants et les rayonnements ultra-violets du Soleil. Malgré l'ensoleillement très généreux de ces dernières semaines, le seuil d'avertissement - une concentration d'ozone supérieure à 180 microgrammes par mètre cube d'air à partir de laquelle les autorités doivent avertir la population - n'a été atteint qu'à trois reprises (et localement) : le 30 mai, le 31 mai et le 1er juin dans certaines stations flamandes et bruxelloises du réseau Celine (Cellule interrégionale de l'environnement).

Etonnant ? Pas vraiment, explique un spécialiste du réseau Celine. Les pics surviennent généralement après plusieurs jours de canicule qui favorisent un phénomène d'accumulation. Ces conditions-là n'ont pas été réunies ces dernières semaines : l'ozone tend dès lors à se détruire durant la nuit. Pour le reste, les averses ont régulièrement dispersé les autres polluants qui, rabattus, sédimentent très rapidement au sol.

4- Le temps de ces dernières semaines a-t-il été propice pour l'agriculture ? Les conditions climatiques ont incontestablement eu un effet accélérateur sur les cultures. Le cumul de températures élevées et régulières provoque une croissance plus rapide des différentes espèces, explique André Falisse, professeur d'agriculture à Faculté des sciences agronomiques de Gembloux. On observe une plus grande précocité, une maturation plus avancée des fruits, des céréales et des fleurs.

De là à annoncer que cette croissance plus rapide présage des récoltes fructueuses, il y a un pas que la prudence interdit de franchir. Si l'accélération des stades de développement peut bel et bien augurer d'une augmentation des rendements, elle peut tout aussi bien avoir l'effet inverse, tempère André Falisse. Sans compter que les températures élevées peuvent provoquer un manque d'eau préjudiciable aux cultures : un phénomène auquel les prairies et les plantes à l'enracinement peu profond sont particulièrement sensibles.

Jusqu'ici, toutefois, les prédictions demeurent favorables, des averses sont régulièrement venues doucher la touffeur de ce début juin. (Avec J.F., st.)"

Source: http://www.lesoir.be



12:13 Écrit par lilicafiche | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Exceptionnel n'est pas le mots correcte pour classer votre blog, nous parie que vous avez encore du potentiel à apporter sur ce blogue, en tout cas, il vous remercie pour toutes ces partages.

Écrit par : parier france honduras | 12/06/2014

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